L’exposome, un outil puissant de santé publique
On connaît l’ADN, porteur de nos gènes, comme une base de données précieuse pour comprendre la santé humaine. Mais depuis une vingtaine d’années, un nouveau concept complète cette vision : l’exposome. Ce mot encore peu connu désigne l’ensemble des expositions auxquelles une personne est soumise tout au long de sa vie, de la conception à la mort.
L’exposome englobe l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les aliments que nous mangeons, mais aussi les substances chimiques, les perturbateurs endocriniens, le bruit, le stress, la qualité du logement, ou encore les conditions sociales. C’est un concept global et dynamique : il ne s’agit pas d’une photo figée, mais d’un film qui enregistre en continu nos interactions avec l’environnement.
Le terme a été proposé en 2005 par le chercheur britannique Christopher Wild. Son idée : pour comprendre l’origine des maladies chroniques (asthme, cancers, diabète, maladies cardiovasculaires…), il faut comprendre ce que les gens vivent et subissent, pas seulement ce que leurs gènes racontent. Car notre environnement interagit avec notre biologie en permanence, notamment via des mécanismes épigénétiques.
Les familles d’expositions qui composent l’exposome
- L’exposome externe général : climat, pollution de l’air, niveau sonore, UV, inégalités sociales…
- L’exposome externe spécifique : exposition professionnelle, usage de médicaments, tabac, alcool, pesticides, etc.
- L’exposome interne : inflammation, microbiote, stress oxydatif, métabolites, marqueurs biologiques…
Les recherches en santé publique s’intéressent de plus en plus à ce concept. Des programmes européens comme HEALS ou Exposome+ visent à mieux mesurer et cartographier ces expositions, grâce à des capteurs, des analyses biologiques, et des questionnaires.
En 2025, un projet Exposome est en cours d’élaboration au sein du CHU de Nice.
Prévenir les maladies plutôt que guérir
L’objectif est clair : mieux prévenir les maladies liées à l’environnement, identifier les sources d’inégalités environnementales, et guider des politiques publiques plus protectrices. Car on ne peut pas améliorer ce que l’on ne mesure pas.
Comprendre l’exposome, c’est rendre visible l’invisible. C’est reconnaître que notre santé n’est pas qu’une affaire individuelle, mais dépend aussi de l’air que nous respirons, des produits que nous consommons, du quartier où nous vivons.
Une conférence pour aller plus loin
Conférence donnée par le Dr Véronique Mondain le 22 mai 2025 à Nice.



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