Extension de l’aéroport de Nice : des impacts multiples sur la santé

Extension de l’aéroport de Nice : des impacts multiples sur la santé

La société privée des Aéroports de la Côte d’Azur gère trois aéroports : Nice, Cannes-Mandelieu et Saint-Tropez (La Môle). En termes de trafic aérien, l’aéroport de Nice est le 1er aéroport en province, derrière ceux de Roissy et d’Orly. En dehors de la période Covid-19, son trafic passager n’a jamais cessé de croître, approchant les 15 millions par an en 2024 (moyenne journalière de 41 000 passagers, avec des pics estivaux à plus de 60 000).

Début 2020, cette société a obtenu du préfet des Alpes-Maritimes un permis de construire pour un projet d’extension du terminal 2 (T2.3) de l’aéroport Nice Côte d’Azur, motivé par une amélioration des capacités, de la sécurité et du confort des passagers. Un permis qui a fait très rapidement l’objet de recours devant la justice administrative, de la part de citoyens et d’associations. Le 18 septembre 2025, la Cour administrative d’appel de Marseille a décidé – de manière extrêmement déroutante compte tenu des enjeux majeurs associés, de valider le permis de construire…

En quoi consiste le projet d’extension ?

En nous référant au lourd dossier réglementaire, nous pouvons le résumer ainsi :

  • Extension du T2 de plus de 20 000 m2 de surface au sol (sur l’ancien parking taxi, côté Var), avec des postes avions supplémentaires (jetée).
  • Capacité annuelle d’accueil passant de 17 à 21,2 millions de passagers, soit +4,2 millions (+25%), ou encore +6,4 millions par rapport au trafic 2024 (+43%).
  • Trafic aérien : cette hausse de fréquentation se traduira par une hausse de +28 000 vols par an (+26%) d’ici 2034, selon la dernière étude d’impact de l’aéroport soumise à enquête publique. Et jusqu’à +35% de hausse d’ici 2040, selon l’arrêté préfectoral n°2023-1185.

Il va sans dire qu’une telle hausse de fréquentation, notamment liée à une promotion permanente des organismes de tourisme maralpins à l’étranger, aura de très nombreux impacts sanitaires, sociaux et environnementaux sur notre territoire.

Quels impacts ?

Du fait direct de cette hausse de trafic aérien, et indépendamment des périmètres comptables de responsabilité et d’imputabilité, les émissions vont croître de manière très significative dans les prochaines années : polluants atmosphériques, gaz à effet de serre et nuisances sonores, sans même évoquer la pression sociale sur un territoire déjà très largement urbanisé et saturé (accès au logement, transports, coût de la vie, a priori déjà majoré de +7% par rapport à la moyenne française selon des publications récentes, et même +16% pour la ville de Nice, dans une ville où plus d’un-e habitant-e sur 5 vit sous le seuil de pauvreté).

Des analyses indépendantes estiment à plus de 370 000 tonnes d’équivalent CO2 (+26%) les émissions supplémentaires chaque année d’ici moins de dix ans, alors que les objectifs du plan Climat de la métropole Nice Côte d’Azur visent une baisse de -55% sur notre territoire d’ici 2030. Pour faire court, la masse de polluants atmosphériques, selon l’étude précitée, doit augmenter de +150 tonnes par an et l’exposition au bruit de +10% en journée (Lden) et de +15% de nuit (Ln). Les populations concernées vont du Cap d’Antibes à la ville de Nice, dont ses quartiers très exposés à l’Ouest (Carras, Ferber, etc.).

Compatibilité avec les engagements publics

De manière assez évidente, ce projet d’extension, parmi une dizaine d’autres projets similaires en France, ne s’inscrit pas dans la trajectoire de réduction des pollutions (aériennes et sonores) requises par l’amélioration de la santé publique, ni dans celle – urgente, des émissions de gaz à effet de serre.

Si l’on raisonne strictement en termes de santé environnementale, nos dirigeants publics doivent cesser de soutenir activement ces projets fondés quasiment exclusivement sur des activités alimentées aux énergies fossiles. Ce n’est pas un souhait ou un désir, mais une nécessité absolue pour la santé générale (One Health), tant humaine, animale que des écosystèmes planétaires.

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